Windows 11 et l'IA (Copilot, Recall…) : ce qu'une PME peut désactiver, et quand Linux devient une option

L'IA s'invite dans Windows, que vous l'ayez demandée ou non

Copilot dans la barre des tâches, Recall qui mémorise l'écran, Click to Do qui analyse ce qui est affiché, des fonctions génératives dans Paint et le Bloc-notes : Windows 11 embarque de plus en plus d'intelligence artificielle. Pour une PME, la question n'est pas d'être pour ou contre, mais de décider ce qui est actif sur vos postes, en connaissance de cause.

Les fonctions IA de Windows et Microsoft 365 Copilot sont deux choses différentes : désactiver l'une ne désactive pas l'autre.

Ce qui tourne où

Fonction Ce qu'elle fait Où sont traitées les données Postes concernés
Application Copilot Assistant conversationnel Dans le cloud Microsoft Tous les Windows 11
Recall Captures régulières de l'écran, consultables par recherche Localement, chiffrées Copilot+ PC uniquement
Click to Do Actions sur le texte ou l'image affichés Localement Copilot+ PC uniquement
Paint, Bloc-notes Génération d'images, réécriture de texte En partie dans le cloud Tous les Windows 11, selon les versions

Bonne nouvelle : sur un poste géré par l'entreprise, Microsoft désactive et retire Recall par défaut. Il ne s'active que si l'administrateur l'autorise explicitement. Click to Do, en revanche, est actif par défaut sur les Copilot+ PC.

Ce que vous pouvez réellement désactiver

Tout se règle par stratégie de groupe (GPO, via votre domaine Active Directory ou en stratégie locale) ou par Intune, sur Windows 11 Professionnel, Entreprise ou Éducation. Sur Windows 11 Famille, ces leviers n'existent pas : c'est une raison de plus de ne pas l'utiliser en entreprise.

  • Recall : stratégie Allow Recall to be enabled (dans Composants Windows > Windows AI) laissée désactivée ; la fonction peut aussi être retirée complètement du système. Si vous l'autorisez, des listes d'applications et de sites exclus des captures sont disponibles.
  • Click to Do : stratégie Disable Click to Do, au même endroit.
  • Application Copilot : la stratégie Remove Microsoft Copilot App, disponible depuis la mise à jour d'avril 2026, désinstalle l'application, mais sous conditions : l'application Microsoft 365 Copilot doit aussi être présente, et Copilot ne doit pas avoir été installé par l'utilisateur lui-même, ni lancé au cours des 28 derniers jours. L'utilisateur peut d'ailleurs le réinstaller. Sur un parc déjà utilisé, prévoyez une désinstallation par script ou par Intune en complément.
  • Paint : stratégies distinctes pour Cocreator, le remplissage génératif et Image Creator.
  • Bloc-notes : une stratégie dédiée désactive ses fonctions IA.

Restent à part, avec leurs propres réglages : Copilot dans Microsoft Edge (stratégies Edge) et Copilot dans Word, Excel ou Outlook (centre d'administration Microsoft 365). Nous avons détaillé ce dernier dans notre article Copilot dans Microsoft 365.

Le volet RGPD

Ce n'est pas l'IA en soi qui pose problème, mais ce que voient ces outils. Trois points d'attention :

  1. Recall capture régulièrement ce qui est affiché à l'écran (hors applications et sites exclus) : dossiers clients, données de santé, salaires, mots de passe affichés. Même stockées localement et chiffrées, ces captures constituent un traitement de données personnelles que vous devez pouvoir justifier. Pour la plupart des PME, la réponse simple est de le laisser désactivé.
  2. Les assistants cloud reçoivent ce que l'utilisateur y colle. Connecté avec un compte professionnel Microsoft 365, Copilot bénéficie des engagements contractuels de Microsoft pour les entreprises ; avec un compte personnel, ce n'est pas le cas. Imposez le compte professionnel.
  3. Documentez vos choix : quelles fonctions sont actives, pour qui, pourquoi. Une charte d'utilisation de l'IA et votre registre des traitements sont les bons endroits.

Pour aller plus loin : IA et RGPD : protéger vos données confidentielles.

Windows 10 : l'échéance du 13 octobre

Le support de Windows 10 a pris fin le 14 octobre 2025. Les entreprises qui ont souscrit aux mises à jour de sécurité étendues (ESU) sont couvertes jusqu'au 13 octobre 2026. La deuxième année coûte 122 dollars par poste (le double de la première), la troisième 244 dollars, et le programme s'arrête définitivement en octobre 2028.

Pour les postes qui ne supportent pas Windows 11 (processeur trop ancien, pas de puce TPM 2.0), trois voies : payer l'ESU encore un an, remplacer le matériel, ou installer Linux.

Petit focus : quand un poste Linux devient réaliste

Linux sur le poste de travail n'est plus réservé aux informaticiens. Des distributions comme Linux Mint ou Ubuntu LTS sont stables, gratuites, maintenues plusieurs années et tournent bien sur du matériel que Windows 11 refuse. Les Pays-Bas développent d'ailleurs leur propre poste de travail Linux pour l'administration.

Linux est réaliste quand :

  • vos outils sont dans le navigateur : Microsoft 365 en ligne, Google Workspace, CRM, facturation et banque en ligne ;
  • la bureautique se contente de LibreOffice ou d'Office en ligne, sans macros complexes ;
  • vous avez besoin de la carte d'identité électronique : le logiciel eID belge officiel existe pour Linux ;
  • il s'agit de redonner vie à des PC encore sains pour l'accueil, un poste partagé ou du télétravail léger.

Il l'est beaucoup moins quand :

  • un logiciel métier ou comptable ne tourne que sous Windows, installé localement ;
  • vous dépendez d'Excel avancé (macros, compléments, liaisons) ;
  • certains périphériques (scanners, imprimantes d'étiquettes, lecteurs spécifiques) n'ont pas de pilote Linux ;
  • vos utilisateurs n'ont ni le temps ni l'envie de changer d'habitudes.

Notre conseil : ne basculez pas tout le parc d'un coup. Commencez par un ou deux postes pilotes, sur des machines qui seraient de toute façon remplacées, et vérifiez chaque application et chaque périphérique avant d'aller plus loin.

Chez ExsIT

Nous configurons vos postes Windows 11 pour que seules les fonctions IA que vous avez choisies soient actives, nous préparons la sortie de Windows 10 et, quand c'est pertinent, nous installons et suivons des postes Linux. Sans dogme : l'outil doit servir votre activité, pas l'inverse.

Sources

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