Quitter Microsoft 365 comme le fisc néerlandais ?

En bref : le 6 octobre 2026, l'administration fiscale néerlandaise a abandonné son passage à Microsoft 365 pour des serveurs qu'elle contrôle et des logiciels open source européens. Une PME n'a ni ses moyens ni ses contraintes, mais deux de ses raisons vous concernent : la dépendance à un seul fournisseur, et des prix que vous ne maîtrisez pas. Avant tout renouvellement de contrat, faites le compte de ce que vous utilisez vraiment, et de ce qui pourrait tourner ailleurs.

Ce que le fisc néerlandais a décidé

Dans une lettre au Parlement, le secrétaire d'État aux Finances Eelco Eerenberg a annoncé que la Belastingdienst (le fisc), la Douane et Toeslagen (le service des allocations) renoncent à migrer vers Microsoft 365, un choix pourtant fait en 2025. À la place :

  • 2027 : la messagerie et les agendas tourneront sur des serveurs du fisc, ou sur des serveurs qu'il contrôle ;
  • fin 2027 et 2028 : le stockage de fichiers et les outils de travail en équipe passeront à des solutions open source européennes ;
  • les licences existantes seront réutilisées autant que possible, pour limiter les investissements.

Les raisons avancées : un environnement de travail « plus autonome » dans le contexte géopolitique actuel, et l'avis d'un comité d'experts de l'État (l'Adviescollege ICT-Toetsing) recommandant de ne pas dépendre d'un seul fournisseur et de chercher une solution fonction par fonction. Le fisc reconnaît aussi un point faible : certaines fonctions d'archivage comprises dans Microsoft 365 n'existent pas sur ses propres serveurs, et le secrétaire d'État doit y revenir.

Ce n'est pas un cas isolé. D'autres administrations européennes ont entamé le même mouvement, et nous avons décrit dans un article précédent comment une PME peut sortir des GAFAM par étapes.

Ce qui ne s'applique pas à votre PME

Le fisc néerlandais dispose de centres de données, de centaines d'informaticiens et d'un calendrier sur plusieurs années. Une PME de dix personnes n'a rien de tout cela. Remplacer Microsoft 365 par un serveur dans un placard, sans personne pour le mettre à jour ni le sauvegarder, serait plus risqué que de rester.

Ce qui s'applique, par contre

Les prix montent sans vous demander votre avis

Au 1er juillet 2026, Microsoft a augmenté ses abonnements professionnels : Business Basic est passé d'environ 6 à 7 dollars par utilisateur et par mois, Business Standard d'environ 12,50 à 14 dollars. L'assistant Copilot s'ajoute pour 21 dollars par utilisateur et par mois dans sa version pour les entreprises de 300 personnes au plus (30 dollars auparavant). Pour quinze postes, la note annuelle Standard + Copilot atteint 6 300 dollars hors taxes (15 × 35 dollars × 12 mois).

Ce n'est pas un scandale : c'est le modèle de l'abonnement. Mais plus tous vos outils dépendent du même fournisseur, moins vous avez de marge pour négocier ou partir.

Vos données relèvent du droit américain

Même hébergées en Europe, les données confiées à une société américaine peuvent être réclamées par la justice des États-Unis en vertu du CLOUD Act. Pour la plupart des PME, c'est un risque théorique. Pour un cabinet d'avocats, une fiduciaire ou un bureau médical, c'est une question à se poser.

L'IA renforce la dépendance

Copilot fonctionne avec Word, Excel, Outlook et Teams, et avec vos données stockées chez Microsoft. Plus vous l'utilisez, plus il devient difficile de changer d'outil.

L'alternative a fait un pas : ONLYOFFICE 10

Le 13 octobre 2026, l'éditeur de la suite bureautique open source ONLYOFFICE a publié sa version 10, avec un assistant IA dans tous ses éditeurs (textes, tableurs, présentations, PDF) : résumer, réécrire, traduire, corriger, analyser un tableau. La différence avec Copilot tient en une phrase : vous choisissez quelle IA il utilise. En installation sur vos serveurs, vous pouvez le brancher sur un service en ligne de votre choix ou sur un modèle qui tourne dans vos murs (avec Ollama, par exemple), et alors vos documents ne quittent pas l'entreprise (voir notre article sur l'IA locale, sans cloud).

Ce qu'il faut savoir avant de s'emballer :

  • l'édition Community est gratuite, prévue pour une petite équipe (ONLYOFFICE la recommande jusqu'à 20 utilisateurs) ; au-delà, ou pour un support et une console d'administration, il faut l'édition Enterprise, payante ;
  • l'IA n'est pas incluse « clé en main » dans les versions open source : elle se configure séparément, et un modèle local demande un PC ou un serveur assez puissant ;
  • ONLYOFFICE ouvre et enregistre les fichiers Word, Excel et PowerPoint, mais les macros complexes et certaines mises en page avancées peuvent poser problème ;
  • il se combine avec Nextcloud (stockage, partage, agenda, contacts) pour former un environnement de travail complet.

Concrètement : trois options

Option Ce que ça coûte Le risque
Rester sur Microsoft 365, sans rien changer L'abonnement, et ses hausses futures Dépendance croissante, surtout si vous ajoutez Copilot ; aucune solution de repli
Rester, mais garder une porte de sortie Une demi-journée d'inventaire, puis des choix au fil des renouvellements Faible : vous savez ce qui pourrait partir ailleurs et à quel prix, vous gardez vos fichiers dans des formats ouverts, vos sauvegardes hors de Microsoft
Migrer tout ou partie (Nextcloud, ONLYOFFICE, messagerie européenne) Mise en place, hébergement (chez un hébergeur européen ou en interne), maintenance Moyen si c'est mal préparé (formation, compatibilité, sauvegardes) ; faible avec un plan et un prestataire qui assure le suivi

Quand rester sur Microsoft 365 est le bon choix : votre logiciel métier en dépend, votre équipe vit dans Teams et dans des fichiers Excel pleins de macros, ou personne n'assurera la maintenance d'une autre solution. Dans ce cas, la bonne décision est la deuxième ligne du tableau.

Exemple (cas illustratif) : un bureau de géomètres de huit personnes paie Microsoft 365 Business Standard et hésite à ajouter Copilot. L'inventaire montre que trois personnes utilisent vraiment Teams, que tout le monde utilise Outlook et que les fichiers partagés sont surtout des plans PDF et des tableaux simples. Décision : messagerie maintenue chez Microsoft pour l'instant ; stockage et partage déplacés vers un Nextcloud hébergé en Belgique, avec ONLYOFFICE et un assistant IA local pour résumer et reformuler ; six licences Business Standard ramenées en Business Basic. Le dossier « sortie complète » reste ouvert pour le prochain renouvellement.

Pour votre informaticien

  • Inventaire avant décision : licences par utilisateur et usage réel (rapports d'activité du centre d'administration Microsoft 365), dépendances (macros VBA, compléments Outlook, intégrations Teams, logiciels métiers en SharePoint).
  • ONLYOFFICE Docs 10.0 : sortie le 13/10/2026 ; onglet « AI Tools » dans chaque éditeur ; en auto-hébergement, fournisseur IA au choix, y compris un serveur local compatible (Ollama) ; réglages IA centralisés dans la console d'administration des éditions Enterprise et Developer.
  • Nextcloud + ONLYOFFICE : application de connexion officielle dans le catalogue Nextcloud ; prévoir le serveur de documents ONLYOFFICE à part, derrière un proxy HTTPS.
  • Sortie progressive : stockage d'abord (OneDrive/SharePoint vers Nextcloud), agendas et contacts ensuite (CalDAV/CardDAV), messagerie en dernier (migration IMAP, enregistrements MX, SPF, DKIM, DMARC).
  • Sauvegarde : quelle que soit la décision, une copie de vos données hors du fournisseur (règle 3-2-1, voir protéger ses données).

Testez-vous

Qu'a décidé le fisc néerlandais (Belastingdienst) en octobre 2026 à propos de Microsoft 365 ?

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Réponse : D'abandonner sa migration vers Microsoft 365 pour des serveurs qu'il contrôle et des logiciels open source européens

Selon une lettre du secrétaire d'État Eelco Eerenberg au Parlement, la messagerie et les agendas passeront sur des serveurs contrôlés par le fisc en 2027, le stockage et la collaboration en open source européen fin 2027 et en 2028.

Quelle est la principale différence entre l'assistant IA d'ONLYOFFICE 10 et Microsoft Copilot pour une PME ?

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Réponse : Avec ONLYOFFICE installé chez soi, on choisit l'IA utilisée, y compris un modèle local qui garde les documents dans l'entreprise

Copilot fonctionne avec les données stockées chez Microsoft ; ONLYOFFICE auto-hébergé se branche sur le service IA de votre choix, en ligne ou local.

Pour une PME belge qui utilise Microsoft 365, quelle est souvent la décision la plus raisonnable face à la dépendance à Microsoft ?

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Réponse : Rester, mais faire l'inventaire de l'usage réel et garder une porte de sortie (formats ouverts, sauvegardes hors Microsoft)

Une migration mal préparée est plus risquée que de rester ; un inventaire et des sauvegardes indépendantes laissent le choix au prochain renouvellement.

Chez ExsIT

Le premier contact est gratuit : nous écoutons vos besoins, puis nous vous proposons un plan d'action. Inventaire de vos licences et de leur usage réel, calcul du coût sur trois ans, et, si cela a du sens, mise en place de Nextcloud et d'ONLYOFFICE, hébergés en Belgique ou chez vous, avec le suivi et les sauvegardes.

Sources

Finnegan, M. (2025, 19 novembre). Microsoft drops M365 Copilot price for SMBs, upgrades free Copilot Chat. Computerworld. https://www.computerworld.com/article/4093224/

Gupta, A. (2025, 5 décembre). Microsoft to raise Microsoft 365 business prices by up to 33% from July 2026. TechInformed. https://techinformed.com/microsoft-to-raise-microsoft-365-business-prices-by-up-to-33-from-july-2026

Hupkens, H. (2026, 6 octobre). Belastingdienst stopt met de migratie naar de Microsoft 365-cloud. iBestuur. https://ibestuur.nl/digitale-weerbaarheid/digitale-veiligheid/belastingdienst-stopt-migratie-naar-microsoft-365-cloud

ONLYOFFICE. (s.d.). Compare ONLYOFFICE Docs editions. https://www.onlyoffice.com/compare-editions

Rudra, S. (2026, 13 octobre). With 10.0 release, ONLYOFFICE goes all in on AI, making it the most modern office choice for team collaboration. It's FOSS. https://itsfoss.com/news/onlyoffice-docs-10-release/

Techzine. (2026, 6 octobre). Fiscus stopt Microsoft 365-migratie, kiest on-premises en open source. https://www.techzine.nl/nieuws/applications/582507/fiscus-stopt-microsoft-365-migratie-kiest-on-premises-en-open-source/

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